Critiques fréquemment lancées
et réponses


"Vous vous attaquez aux SUV de manière simpliste alors que le problème est plus vaste et que de nombreux autres véhicules sont tout aussi polluants"

Les gros véhicules sont tous un problème, évidemment. Le fait est que les gros SUV sont en pleines croissances de part de marché, et sont du coup emblématiques du développement non durable de notre société.

A ce titre, ils sont les premiers visés et nous les utilisons comme emblème pour une lutte plus large sur la mobilité et le développement durable. C'est effectivement réducteur et simpliste, mais en politique, hélas, il faut être simple, sinon, on n'est pas entendu.



"Il est SCANDALEUX de s'attaquer ainsi à la propriété privée!"

L'émotion suscitée par le fait de toucher à l'un des objets les plus sacrés de notre société est effectivement phénoménale. C'est en sachant cela que nous avons choisi les autocollants.

Nous aurions pu simplement poser un papillon sur le pare-brise, à moitié caché par un essuie-glace. Il aurait été sitôt balancé comme un vulgaire papier. Mais l'efficacité d'un autocollant, bien visible à l'arrière d'une voiture, et surtout du fait qu'il y reste un moment, puisque le conducteur ne le voit pas toujours tout de suite, est bien meilleure.

De plus, cette
terrible "atteinte" décuple l'effet sensibilisateur et médiatique de notre campagne, ce qui est très positif.

Rappelons que nous utilisons aussi les moyens démocratiques dans notre action, avec les Verts et d'autres forces politiques. Nous sommes la composante "dérangeante" de l'action et vous constaterez l'effet "booster" d'une telle opération, nécessaire dans une société ne s'occupant pas de ce qui n'est pas "médiatique"... (hélas)



Droit et liberté

Il est inutile de rappeler que la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres; c'est hélas une contrainte avec laquelle il faut faire si on veut vivre en société de façon civilisée.

Cette campagne d'autocollants est menée simplement pour informer les conducteurs de gros 4x4 qu'ils vont trop loin et empiètent sur la liberté de très nombreux autres citoyens (à en croire le succès populaire de notre campagne). En effet, les autres citoyens ont le droit de bénéficier d'un environnement urbain agréable et sûr, d'un air pas trop pollué, et surtout d'un futur dans lequel la planète n'est pas définitivement saccagée.

Ce droit rejoint les droits inaliénables à la vie et à la dignité inscrits dans la Déclaration des Droits de l'Homme. Nous doutons que le même raisonnement puisse être tenu avec le droit de rouler en SUV.



"Les voitures ne sont qu'une toute petite partie du problème de la pollution, et nous sommes assez écolo comme ça"

Les transports terrestres consomment le tiers de la consommation énergétique totale en Suisse. Parmi eux, l'automobile se taille la part du lion. Cette part croît en permanence en raison de l'accroissement
irraisonné des véhicules et donc de leur poids et de leur consommation.

De ce fait, il s'agit d'un gros problème qu'il ne s'agit pas de cacher derrière les autres.

De nombreuses personnes pensent être assez écolo parce qu'elles recyclent l'alu, le PET, le papier et le verre. Bravo, c'est très bien, mais acheter un gros SUV ensuite peut réduire à néant les efforts de 10 ans de tri des déchets d'une famille (estimation sur laquelle nous travaillons).

Il faut se rendre compte que faire rouler deux tonnes d'acier est une véritable débauche d'énergie qui pulvérise l'énergie que consomme un ménage où tout serait allumé à fond (fours, aspirateur, TV, sèche-cheveux, lampes
allogènes, tout).



"Vous participez à la détérioration du climat social, vous feriez mieux d'utiliser des moyens démocratiques"

Les moyens démocratiques ne sont plus assez efficaces lorsque les murs de valeurs se dressent entre les personnes. Nos propositions d'améliorations, faites par le biais du jeu démocratique, se heurtent en effet systématiquement au refus des gens -
influents - dont les intérêts se situent dans les secteurs pétrolier et automobiliste, aux lobbies économiques, bref à des égoïsmes n'écoutant tout simplement pas ceux qui ne demandent que du respect.

La dégradation du climat social est une réalité dont nous n'assumons pas la paternité. Nous en rejetons la faute sur les pouvoirs économiques (qui, eux, n'ont rien de démocratiques!): à force de vouloir des entreprises "compétitives" et "concurrentielles", c'est toute une qualité vie qui est sacrifiée sur l'autel de la croissance économique (et des véhicules). Cette course sans fin n'a pas de sens car vient toucher les limites terrestres mêmes.

Le désarroi dans le quel se trouvent plongés, dans nos pays, des milliers de personnes dont les emplois ont été délocalisés, par exemple, fait écho à la misère dans laquelle sont plongés, dans certains pays qui produisent le pétrole, des millions d'individus qui n'ont pas droit à la libre expression, à une éducation digne de ce nom, à un Etat de droit, à des infrastructures sanitaires élémentaires, ni même parfois à de l'eau potable. Ceci à cause des guerres et luttes menées pour le contrôle de l'or noir.

La violence
institutionnelle du système occidental de gestion du monde(*) engendre donc une réponse dont nous ne sommes pas maîtres, mais seulement un symptôme. Nous prenons nos forces, il est vrai, chez ceux qui sont déçus par la démocratie, la jugeant trop paralysée par les lobbies, et qui veulent agir plus directement, mais dans un but positif. Grâce à cela, nous canalisons les envies de changements que certains, dont bon nombre de jeunes, ne sauraient exprimer de façon adéquate ou pacifique. Nous essayons de rester, malgré cette vision dramatisée de la situation, dans les limites du jeu de la démocratie, que nous respectons (cela va de soit, en tant que mouvement politique).

Nous ne faisons que coller des autocollants - méthode qui n'est pas si méchante ou criminelle - dans un but de "sensibilisation dérangeante", nous ne sommes pas animés par la haine et ne cassons rien. Nous appelons de nos
vœux une meilleure écoute par les pouvoirs publics des revendications environnementales et sociales, ce qui nous permettrait de nous passer de ce type d'actions à autocollants!

En attendant un regain du pouvoir politique sur le pouvoir économique, nous attirons l'attention sur les problèmes de notre façon, et nous nous en remettons aux Verts classiques pour proposer des solutions pragmatiques et des mesures acceptables pour tous.


(*) pour ne pas dire du capitalisme, qui n'est pas seul en cause, mais fait quand-même très fort si on considère la logique du profit immédiat telle qu'elle lui est appliquée de nos jours et qui, par ses effets pervers, ne tient pas compte du capital naturel, social et culturel de notre monde.



"Votre campagne est imbécile"

Si c'est imbécile de faire cette sorte de sensibilisation (dérangeante, certes, mais franchement pas méchante, et dans un but humaniste), alors nous ne savons comment qualifier le fait de rouler pour son plaisir dans un monstre dangereux et polluant.




"Vous êtes intolérants, pire que ceux que vous combattez"

Relativisez notre "intolérance" face au mépris que le mode de consommation occidental affiche envers les peuples des pays en développement, envers le pillage des ressources de la planète et envers le dérèglement climatique.

Ce n'est pas de l'intolérance que de sensibiliser les gens aux problème globaux gigantesques qui s'annoncent, afin qu'ils changent d'attitude. C'est aux gens de se montrer attentifs et tolérants envers ceux qui s'échinent à sauver la planète pour le bien de tous, rien que ça.



"Vous vous attaquez plus aux riches par gauchisme, qu'aux pollueurs"

L'amalgame fait avec le luxe et les riches n'est pas souhaité, le mot luxe n'apparaissant qu'une seule fois sur le site web, simplement pour dénoncer le fait que ces véhicules n'ont rien d'utilitaires. La problématique environnementale dépasse complètement la division classique gauche - droite et la place plutôt entre ceux qui ont une vision à long terme et ceux qui ont une vision à court terme.

Avec une lecture de classe sociale, on pourrait s'attendre à ce que les riches, plus éduqués, aient un comportement plus responsable que les pauvres. Il y a manifestement un problème avec ce raisonnement, qui tient peut-être à la qualité de l'éducation.



"Vous êtes jaloux des SUV!!"

Voilà qui ne nous fait même plus rire. Cet argument est tout simplement hors de propos, pour croire une telle chose il faut vraiment n'avoir rien compris à notre argumentaire.



"Vous êtes des drogués qui manquent de discernement"

Les Jeunes Verts ne sont pas des drogués, le cliché comme quoi les écolos fument tous des joints est archi-éculé. Pour la plupart étudiants ou jeunes professionnels, nous sommes informés et agissons après réflexion, avec des moyens choisis pour le rôle que nous nous sommes assigné.

La composante cannabis de notre mouvement est sans doute très proche de la moyenne nationale. Pour la petite histoire, si tous les fumeurs de pétards votaient écolos, les Verts seraient le parti majoritaire de Suisse, et de loin.




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Les Jeunes Verts suisses
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Dernière mise à jour: 8 mars 2006